Mass - Léonard Bernstein - Philharmonie de Paris - 21 mars 2018

MASS

de Léonard Bernstein

Orchestre de Paris
Choeur de l'Orchestre de Paris
Choeur d'enfants de l'Orchestre de Paris
Ensemble Aedes

Wayne Marshall, direction
Jubilant Sykes, baryton
Lionel Sow, chef de choeur
Mathieu Romano, chef de choeur

Livret utilisant la liturgie de la messe romaine et des textes additionnels de Stephen Schwartz et Leonard Bernstein .




Ce concert est diffusé en direct sur le site live.philharmoniedeparis.fr où il restera disponible pendant six mois.



Détails sur la genèse de l'oeuvre sur ce site :
https://leonardbernstein.com/works/view ... nd-dancers


Soirée du mercredi 21 mars

Très belle réalisation ce soir, pour cette oeuvre de révolte qui vient à point nommé fêter le cinquantième anniversaire de mai 68.
Léonard Bernstein avait écrit cette oeuvre en hommage à John Kennedy, en 1969, à la demande de Jacky Kennedy.
Mais c'est toute cette période d'agitation et de contestation que reflète cette oeuvre hybride, qui mêle toutes sortes de musique dans un ensemble foisonnant et très exaltant.

Cri de révolte contre un monde injuste, l'oeuvre qui est davantage un oratorio qu'une messe, évoque tout à la fois la guerre du Vietnam dans laquelle l'Amérique s'enlise, les émeutes raciales, les luttes pour l'égalité, l'hypocrisie de l'Eglise et la liberté de la jeunesse alors en révolte.



Musicalement c'est un très bel ensemble qui mêle musique électronique avec quelques instruments électriques, un énorme orchestre symphonique avec ses cuivres, un brass band qui assure les parties jazz, le choeur Aedes d'une vingtaine de très brillants chanteurs de "musical" en ensemble ou en solistes, un choeur d'enfants avec un émouvant très jeune soliste, des choeurs adultes hommes et femmes, et un soliste "dominant" le baryton Jubilant Sykes, qui est tout à la fois le récitant et un formidable comédien, qui met en scène littéralement son personnage, capable d'incarner successivement Paul Robeson, Elvis Presley et Léonard Cohen.

Il y a beaucoup de scènes façon West side story (claquements de doigts compris), des parties de jazz endiablés, des negro spirituals, mais aussi de grandes envolées symphoniques grandioses et prenantes.
Le mélange est permanent et très harmonieux. Ainsi ce joli solo de flûte auquel succède la voix d'ange du petit garçon chantant "Lauda" doublé par un chanteur de comédie musicale du groupe Aedes puis dans un fracas total, les choeurs tout entier l'accompagnent, orchestre, orgue, cloches, avant que le calme ne revienne quasi instantanément sur la voix du petit garçon.

Excellente direction de Wayne Marshall qui booste littéralement un orchestre de Paris en forme olympique qui semble vraiment prendre du plaisir à jouer cette belle partition.



Tout est possible à la PP et l'harmonie parfaite trouvée entre la musique sonorisée, les chanteurs de musical (dont le son est retransmis par un jeu de petits haut-parleurs très bien disposés) et la musique "directe" de l'orchestre et des choeurs, est un "must" que cette salle rend possible.
C'était déjà le cas pour l'oratorio "El nino" de John Adams donné l'an dernier.
Une disposition générale très impressionnante avait été prévue pour optimiser la complexité de l'oeuvre : orchestre classique en devant de scène avec cuivres regroupés à l'arrière droit et orgue à l'opposé, brass band en hauteur côté gauche. Juste derrière eux, les guitares électroniques et autre instruments amplifiés. A l'opposé toujours en hauteur l'ensemble Aedes des chanteurs de comédies musicale, très mobiles venant régulièrement dans le milieu de la scène notamment pour leurs solos. Le récitant déambulait dans le même couloir, traversant souvent l'orchestre.
Un escalier éclairé de bleu permet d'atteindre l'arrière scène où sont regroupés les choeurs d'enfants et les choeurs d'adulte.
Le petit garçon soliste descendait par ce escalier depuis le choeur pour venir chanter en solo au milieu de l'orchestre. C'est par ce chemin que le récitant arrive également au début.
Très beau jeu de lumière et de fumée durant tout le spectacle.


Deuxième représentation le jeudi 22 mars au soir.

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