Grand Opéra - Diana Damrau - 3 octobre 2017 - Philharmonie de Paris
Diana Damrau, soprano
Orchestre National de Lille Łukasz Borowicz, direction
Le Mardi 3 octobre, grande salle Pierre Boulez, Philharmonie de Paris.
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Merci à Paul pour cette photo du concert |
Ouverture de La Norma
Giacomo Meyerbeer
Les Huguenots – Acte I : « Nobles
seigneurs, salut ! »
Gioacchino Rossini
Pas de six de Guillaume Tell
Giacomo Meyerbeer
Dinorah ou Le Pardon de Ploërmel – Acte II
: « Ombre légère »
Georges Bizet
Ouverture de Djamileh
Jules Massenet
Manon – Acte III : « Suis-je gentille ainsi
?... Je marche sur tous les chemins... Profitons bien de la jeunesse... »
ENTRACTE
Giacomo Meyerbeer
Emma di Resburgo – « Sulla rupe, triste,
sola »
Ferdinand Hérold
Ouverture de Zampa
Giacomo Meyerbeer
Ein Feldlager in Schlesien [Un camp en
Silésie] – Acte III : « Oh Schwester, find’ ich Dich !... Lebe wohl,
Geliebte... »
Giuseppe Verdi
Ouverture de Un giorno di regno [Un jour de
règne]
I Vespri siciliani [Les Vêpres siciliennes] – Acte V : « Mercè dilette amiche »
I Vespri siciliani [Les Vêpres siciliennes] – Acte V : « Mercè dilette amiche »
Emmanuel Chabrier
Suite pastorale – Idylle
Giacomo Meyerbeer
Robert le Diable – Acte IV : « Robert, toi
que j’aime »
Bis : Giacomo Meyerbeer :
l'Africaine "adieu, doux rivages"
Diana Damrau n’a peur de rien et surtout
pas de la scène ni du public. C’était pourtant la première fois qu’elle
chantait dans la grande salle de la Philharmonie de Paris. Mais elle avait
décidé de se donner toute entière et elle s’est littéralement déchainée dès le
« salut » des Huguenots où elle a déployé des trésors d’expressivité
et de jeu scénique se tournant vers tous les publics, devant, derrière, à
gauche, à droite, soulevant rapidement des rires de satisfaction.
Pourtant tout
n’était pas parfait dans son chant, les vocalises sont parfois savonnées ou
approximatives, lancées avec bravache mais sans les moyens que la soprano
allemande avait il y a encore quelques années. La voix s’est durcie dans les
aigus, ils ne sont pas toujours tenus le temps requis mais quel entrain, quelle
joie communicative à chanter et à jouer la scènette, quelle bonheur de voir cette
forme olympique et ces drôleries. Et quel talent finalement qui supprime rapidement toutes vos réticences.
Bon, évidemment, ce n’est pas toujours en
rapport strict avec le texte, et son « ombre légère » était par trop
outrée quand on a dans l’oreille celle de Natalie Dessay par exemple. Mais il
faut reconnaitre que ça marche et que le public est aux anges, tout comme quand
elle aborde Manon de Massenet avec une espièglerie qui n’a d’égal que son
allant pour nous séduire.
Pour être honnête ce n’est pas exactement
l’interprétation que je préfère mais elle se défend.
Un peu comme quand elle
traversait toute la scène, balayant tous ses partenaires par son jeu et son
chant déchainé, cet été à Munich, dans un Contes d’Hoffmann qui me restera en
mémoire à cause de sa prestation.
La deuxième partie est beaucoup plus sobre et personnellement m’a encore davantage touchée. Car quand la voix s’assagit et se fait mélancolique ou dramatique, Diana Damrau montre qu’elle peut aussi bouleverser et qu’elle a acquis une technique et un sens des nuances qui fait merveille. C’est sa partie « Meyerbeer » et, comme son CD l’avait déjà amplement prouvé, elle chante bien le grand opéra français, très bien même. Elle en a compris la ligne mélodique, la prosodie et le sens tragique. Et c’est tout simplement merveilleux d’intelligence musicale. Les deux derniers morceaux son « Robert» puis son « Oh doux rivages » sont des modèles du genre et terminaient magnifiquement un concert à la fois fantasque, surprenant et de grande qualité.
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encore une photo de Paul (merci !) |
La deuxième partie est beaucoup plus sobre et personnellement m’a encore davantage touchée. Car quand la voix s’assagit et se fait mélancolique ou dramatique, Diana Damrau montre qu’elle peut aussi bouleverser et qu’elle a acquis une technique et un sens des nuances qui fait merveille. C’est sa partie « Meyerbeer » et, comme son CD l’avait déjà amplement prouvé, elle chante bien le grand opéra français, très bien même. Elle en a compris la ligne mélodique, la prosodie et le sens tragique. Et c’est tout simplement merveilleux d’intelligence musicale. Les deux derniers morceaux son « Robert» puis son « Oh doux rivages » sont des modèles du genre et terminaient magnifiquement un concert à la fois fantasque, surprenant et de grande qualité.
Je mettrai quant à moi des réserves sur les
parties orchestrales, très bien choisies, mais trop nombreuses et trop longues,
jouées par un orchestre survitaminé lui aussi mais qui avait à mon sens, un peu
tendance à tout jouer de la même manière et à faire de Verdi un compositeur
pour fanfares.
Enfin, je n’ai pas compris ce choix des
Vêpres siciliennes qui ne convient guère à Diana Damrau et qu’elle aurait du
laisser tomber au profit d’un autre air de l’opéra français. « Mon coeur
s’élance et palpite » par exemple, qu’elle chante si bien sur son CD.
Diana Damrau me confirme qu'elle est une
soprano attachante, de grande qualité mais qui peut alterner le meilleur - ce
qu'elle fait avec ces interprétations de l'opéra français- et le moins bon -
les outrances de certains rôles qui ne lui conviennent pas comme Lucia ou
Violetta, deux rôles dans lesquels elle m'a déçue.
Diana Damrau devrait chanter dans les
Huguenots de Meyerbeer qui seront donnés à Paris à l’automne 2018. Précisions à
suivre.
Je la reverrai avec plaisir
dans cette même Philharmonie en février prochain dans le cadre de la tournée
"Lieder" autour de l'oeuvre d'Hugo Wolf qu'elle fait avec Jonas Kaufmann et qui comprend plus de dix
villes-étapes en Europe.
Ce concert "opéra Français" a été
également l'objet d'une tournée de la soprano, tournée qui s'achève avec cette
étape parisienne.
Les petits plus du blog
Son CD Grand Opéra, paru chez Erato, est
une grande réussite et comprend les airs suivants
Giacomo
Meyerbeer
Mon coeur s'élance et palpite (Le Prophète)
Robert, toi que j'aime (Robert le Diable)
avec Charles Workman
Nur in der Dämm'rung Stille (Alimelek, oder
die beiden Kalifen)
Ah, mon Dieu !... C'est bien l'air que
chaque matin (L'Étoile du Nord) avec Julien Beaudiment et Catherine Puertolas
Là-bas, sous l'arbre noir... Fleurs
nouvelles (L'Africaine)
D'una madre disperata... Con qual gioia (Il
Crociato in Egitto) avec Laurent Naouri
Comme cette nuit est lente à se dissiper
!... Ombre légère (Dinorah, ou le Pardon de Ploërmel)
Oh Schwester, find' ich dich !... Lebe
wohl, geliebte Schwester (Ein Feldlager in Schlesien) av ec Kate Aldrich
Sulla rupe triste, sola... Ah questo bacio
(Emma di Resburgo)
Ô beau pays de la Touraine (Les Huguenots)
avec Pei Min Yu, Pascale Obrecht et Janna Curelaru
Anna, qu'entends-je ?... Adieu, mon doux
rivage (L'Africaine) avec Kate Aldrich
Diana Damrau, soprano
Orchestre et Chœur de l’Opéra National de lyon
Direction musicale
Emmanuel Villaume
1 CD Erato/Warner Classics 9029584899
Diana Damrau en reine de la Nuit, un de ses
plus beaux rôles
Et pour rire un peu...gala en l'honneur de Placido Domingo à Munich.
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