Erismena - Festival d'Aix-en-Provence - 21 juillet 2017

Erismena

de Francesco Cavalli

Livret de : Aurelio Aurai
Venise, 1655

Francesca Aspromonte (soprano), Erismena
Carlo Vistoli (contre-ténor), Idraspe
Susanna Hurrel (mezzo-soprano), Aldimira
Jakub Jozef Orlinski (contre-ténor), Orimeno
Alexander Miminoshvili (baryton), Erimante
Léa Desandre (mezzo-soprano), Argippo
Stuart Jackson (ténor), Alcesta
Jonathan Abemethy (ténor), Diarte
Tai Oney (contre-ténor), Clerio Moro


Capella Mediterranea
Leonardo Garcia Alarcon, direction

Festival d'Aix en Provence, juillet 2017.

Retransmission de la séance du 12 juillet



C'est une œuvre que je découvrais, passionnante et foisonnante de rebondissements dramatiques (mais la fin est heureuse) et rocambolesques, avec un bel équilibre des voix de toutes sortes de tessitures et d'un orchestre baroque discret mais très musical.
Pas toujours évident de suivre les méandres d'une intrigue complexe, vous remarquerez d'ailleurs que les personnages ont des noms à consonance voisine et ne sont pas ce qu'ils (elles) paraissent être, ce qui fait qu'il vaut mieux lire l'histoire avant d'aborder l'œuvre.
Beaucoup d'audaces dans le livret où les références à l'amour, au désir et aux passions est assez direct presque envahissant tandis que les couples, et les identités se nouent et se dénouent.
La mise en scène de Bellorini est assez simple, contemporaine mais à la manière de ce que produirait une troupe de théâtre n'ayant pas les moyens de se payer un vrai décor et des vrais costumes. Alors cela ressemble au résultat d'une pioche dans un grand grenier, de nippes plus ou moins évocatrices, genre : tiens, toi prends toi ce truc qui brille, ça fera ta cotte de maille...
Cela tient un peu de la cour des miracles mais on marche.
D'abord et avant tout du fait de la troupe qui fonctionne très bien.
L'ensemble de la représentation est en effet magnifiquement servie par une troupe de ces jeunes talents qui m'avaient déjà fait forte impression à la simple écoute et se révèlent en plus excellents acteurs.

Mention spéciale à la composition splendide de Francesca Aspromonte qui sous sa perruque blonde m'évoquait la regrettée Mireille Delunsch qu’on ne voit plus guère (allez savoir pourquoi ?), et au contre-ténor à la voix extraordinaire de Carlo Vistoli, le contraste entre ces deux voix qui ont beaucoup de duos, étant d'une beauté à vous donner des frissons immédiats de jouissance. Mais il faut aussi souligner l'étonnant (et très beau) contre-ténor Jakub Jozef Orlinski qui vous emmène dans un rêve éveillé, une voix d'une douceur et d'une beauté qui n'a d'égale que la beauté de son allure juvénile splendide.

Mais il faudrait les citer tous : les deux mezzo, le ténor, le baryton (ah ce roi et sa couronne des Rois), le troisième contre-ténor, ils sont tous drôles, émouvants, chantent et jouent bien.
Et féliciter l'orchestre (qui a parfois bien du mal à accorder ses instruments) mais qui sert aussi bien qu'il le peut la musique de Cavalli.
Ovation très bruyante à la fin.



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