Elektra - Festival de Verbier - 27 juillet 2017
Elektra
Richard Strauss
Splendide Elektra le 27 juillet au festival de Verbier dans une version-concert servie par les chanteurs habitués des scènes et qui n’hésitent pas à exprimer leur chant par leurs postures.
Splendide Elektra le 27 juillet au festival de Verbier dans une version-concert servie par les chanteurs habitués des scènes et qui n’hésitent pas à exprimer leur chant par leurs postures.
Avec
Lise Lindstrom : Elektra
Ingela Brimberg : Chrysotémis
Anna Larsson : Clytemnestre
Eric Owens : Oreste
Wolfgang Ablinger-Sperrhacke : Ehisthe
Jasper Leever : le précepteur et le vieux
serviteur
Aleksandra Rybakova : La confidente, la
surveillante
Anna Harvey : la porteuse de traine, la
quatrième servante
Verbier Festival Orchestra
Directeur musical : Esa-Pekka Salonen
Saluons d’abord la direction musicale précise et
dramatique de Esa-Pekka Salonen, qu’on retrouve toujours avec plaisir dans ce
répertoire qu’il sert magnifiquement. Saluons ensuite le jeune orchestre de
Verbier, attentif et précis, dont on perçoit tout à la fois le sérieux et
l’angoisse de réussir cette oeuvre complexe, heurtée et d’une grande modernité
dans les thèmes et les choix
instrumentaux.
Le plateau vocal brille lui aussi de mille feux.
La belle Lise Lindstrom qui vient d’interpréter Turandot
pour quelques séances au ROH à Londres, habite littéralement le personnage
d’Elektra dont elle traduit les profondes convictions, la haine farouche et
tenace et le refus de céder un pouce à son obstination de vengeance. Très beau
chant, magnifiques nuances, une Elektra qui vous convainc totalement malgré l’extrême
difficulté de la partition.
Jolie surprise avec la jeune et charmante Chrysotémis de Ingela Brimberg, dont la voix légèrement et
délicieusement acidulée se marie parfaitement avec celle de sa soeur, formant
un contraste idéal pour les deux écritures musicales assez différentes que
Strauss a composé pour les deux jeunes héroines.
Mais la Clytemnestre de Anna
Larsson est également phénoménale (quel tempérament) et l’affrontement entre
Elektra et sa mère sont si intenses, jusque dans la gestuelle, qu’on imagine
sans peine une mise en scène que les deux artistes crééent à chaque instant.
C’est poignant et rééellement immense sur le plan de ce théâtre chanté qu’est
l’opéra.
Thomas Hampson était initialement prévu
pour le (petit) rôle d’Oreste mais il a renoncé et son remplacement (de luxe)
par Eric Owens ne pose aucun problème, bien au contraire. Le baryton américain
a une voix magnifique toujours empreinte d’une grande humanité qui fait
merveille.
Les autres rôles sont également très bien
tenus par des artistes qui chantent souvent par ailleurs dans d’autres
productions du festival (voir la distribution d'Eugène Onéguine).
A voir et à revoir sur Médici TV :
disponible comme l’ensemble du festival, jusqu’au 6 novembre.
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Lise Lindstrom |
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Esa-Pekka Salonen |
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Elektra- Chrysotémis-Clytemnestre |
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Les trois opéras du festival de Verbier 2017 |
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